Community : la supervision se partage
Pourquoi j’ai voulu un dépôt public de collecteurs dès le départ, ce qu’il change au quotidien, et pourquoi je pense qu’une sonde devrait se partager comme une image Docker plutôt que se vendre en pack.
Par Benjamin6 min de lecture
Le même contrôle, écrit mille fois
Si vous faites de la supervision, vous connaissez la scène. Un onduleur arrive dans la salle serveur, ou un nouveau modèle de switch, et il faut le superviser. Alors on cherche : un vieux script sur un forum, un dépôt abandonné depuis cinq ans, un greffon dont on ne sait pas trop ce qu’il envoie à l’équipement. On l’adapte, on le pose, et il ne bouge plus. Le jour où son auteur quitte l’équipe, plus personne n’ose y toucher.
Pendant ce temps, à l’autre bout du pays, quelqu’un écrit exactement le même contrôle, pour le même onduleur.
C’est ce gâchis qui m’a convaincu que Community devait être pensé avec banshee dès le premier jour, comme l’une de ses fondations, et non greffé après coup.
Ce que Docker nous a appris
Je pense souvent à ce que Docker a changé. Avant lui, installer un logiciel était un savoir-faire local : chaque équipe avait ses recettes, ses scripts, ses pièges. Puis est arrivé un registre partagé. On récupère l’image que quelqu’un a déjà faite, on repart d’elle pour faire la sienne, et une entreprise peut garder son propre registre à côté du registre public. Installer un logiciel est devenu banal.
Nous voulons la même chose pour la supervision : qu’une sonde se récupère, se relise et se dérive, au lieu d’être réécrite dans son coin.
Je refuse que la sonde soit un produit
Une partie du marché a fait le choix inverse. Les sondes y sont vendues par packs, réservés à une offre payante ou à un abonnement, ou bien c’est chaque sonde qui se facture. Je comprends le modèle économique, mais je ne l’aime pas. Superviser un équipement de plus coûte plus cher, on attend le bon vouloir de l’éditeur pour qu’un nouveau modèle soit pris en charge, et on ne sait pas toujours ce que la sonde fait réellement.
Avec banshee, il n’y a ni licence par hôte ni licence par sonde, et c’est voulu. Une sonde doit être un bien commun : gratuite, lisible, modifiable. Elle vaut par ceux qui l’utilisent et l’améliorent, pas par une grille tarifaire.
Community, concrètement
Community est le dépôt public des collecteurs de banshee. Il est en ligne sur banshee-monitoring.app/community. Les collecteurs y sont rangés en collections, chacune avec sa page et son auteur, et il suffit d’un compte pour publier les siennes.
Chercher avant d’écrire
Ce que je veux changer d’abord, c’est le réflexe. Devant un nouvel équipement, on ne devrait plus ouvrir un éditeur de texte, mais le Magasin. Il est dans le master et interroge Community directement : vous parcourez les collections, vous récupérez un collecteur ou une collection entière en un clic. Pas de site à visiter, pas d’archive à décompresser, pas de dépendance à installer.

Et ce que vous récupérez, vous pouvez le lire. Les collecteurs sont écrits en Keen, le langage de banshee, que nous avons voulu lisible par un administrateur sans apprentissage ; le premier article en montre un. Avant d’adopter un collecteur, vous voyez ce qu’il interroge et ce qu’il surveille. Une sonde lit l’équipement, elle ne le modifie jamais. Rien ne se met à jour tout seul : chaque version se garde, se compare et se rétablit en un clic.
Partager doit être aussi simple que récupérer
Si publier demande de monter un dépôt Git et de rédiger un fichier de description, personne ne le fait. Alors nous avons réduit la publication à un geste : un clic droit sur votre collecteur, « Publier… », et il rejoint une de vos collections.

Vous pouvez aussi partir du collecteur de quelqu’un d’autre pour l’adapter à votre matériel. Le lien avec l’original est gardé, et son auteur reste crédité. C’est le principe même d’une communauté : on construit sur le travail des autres, et on le dit.
Une collection peut rester privée, pour votre équipe ou pour un client, et devenir publique le jour où vous la jugez prête.
Ce qui marche remonte tout seul
Je ne voulais pas d’étoiles ni d’avis, qui disent surtout qui s’est donné la peine de cliquer. Community classe les collections par le nombre d’installations de banshee qui les utilisent vraiment. Savoir que des centaines de parcs tournent avec une collection en dit plus long qu’une note.
Les totaux sont publics : combien d’installations actives, combien d’hôtes, de pollers et de sondes. La communauté voit sa propre taille, et nous savons où porter l’effort.
Trackez-vous mes données ?
C’est la question que je me poserais à votre place. Ces chiffres viennent de deux envois quotidiens, chacun réglé par une case dans les réglages du master. Le premier envoie des statistiques d’usage (la version, le nombre d’hôtes, de pollers et de sondes), le second la liste des collecteurs de Community que vous utilisez. Les données sont anonymisées, sans aucun lien possible avec votre parc informatique, et nous n’avons rien voulu cacher : leur contenu exact est affiché sous chaque case, tel qu’il part.

Si vous préférez ne rien envoyer du tout, installez banshee en mode incognito. Les deux cases sont décochées dès le départ, rien ne sort, et vous gardez l’accès au Magasin.
Votre dépôt à côté du nôtre
Community n’a pas vocation à être le seul dépôt. Le protocole qu’il sert est documenté, et une entreprise peut héberger le sien à côté, comme on garde un registre Docker privé à côté du registre public. Le Magasin les interroge tous ensemble.

Où on en est, et comment participer
Community est en ligne. Choisir une version précise d’un collecteur viendra plus tard ; pour l’instant, on récupère la dernière. Quant à la collecte elle-même, elle arrivera avec le poller, la prochaine grande étape du projet.
Si vous avez écrit un contrôle qui vous rend service, il en rendra à d’autres. C’est tout le pari de Community.
- Parcourez les collections sur Community.
- Créez un compte et publiez votre première collection.
- Pour une question ou un retour, écrivez-nous.
Les captures de cet article sont issues d’une préversion de développement et sont données à titre indicatif.
À lire aussi
-
5 min de lecture
Hello World : voici banshee
banshee est une supervision libre, conçue pour dire vrai le jour où tout va mal. Ce qu’elle est, ce qui la distingue, et où en est le projet : un serveur central bien avancé, et le poller pour prochaine étape.
Lire l’article